En Angola, il est interdit de réfléchir

« Quand la liberté d’expression n’existe plus, c’est la liberté de pensée que l’on jette en prison. » Il y a longtemps, j’avais lu cette citation de Pascal Mourot. Aujourd’hui, j’en ai enfin compris toute sa quintessence.

Entre le 20 et 21 juin, 15 jeunes militants ont été arrêté à Luanda. Tous connus pour leur appartenance à un groupe associatif dénommé Movimento Revolucionario de Jovens (Mouvement des jeunes révolutionnaires en français). Bien avant et sans beaucoup d’impact médiatique, le 14 mars un défenseur des droits humains de la société civile cabindaise, Jose Marco Mavungo avait été arrêté et accusé de rébellion, pour avoir appelé à manifester pacifiquement contre la corruption. Deux mois plus tard, soit le 27 mai, Mario Faustino un autre activiste des droits de l’homme avait été arrêté également pour tentative à manifester contre le gouvernement.

Durant environ 5 ans, les services des sécurités et voire quelques tribunaux ont été mobilisés pour faire taire plusieurs groupes des jeunes qui ont osé exiger publiquement la démission de José Eduardo dos Santos. Ces militants de la société civile angolaise affrontent chaque jour la répression, la persécution, des menaces, des enlèvements et voire des procès bidons comme celui du célèbre journaliste Rafael Marques auteur du livre « les diamants du sang » (en portugais) ou encore celui qui attend les 15 jeunes militants mentionnés ci-haut, accusés de vouloir renverser le régime de papy en organisant un séminaire sous le thème : « la philosophie des révolutions non violente »

Ces derniers mois, le pays connaît un fort régime de répression contre la société civile. La preuve, c’est cette nouvelle loi tyrannique contre les ONG qui à partir de septembre prochain permettra à l’exécutif de contrôler toutes les organisations de la corporation civile. Jusqu’où faut-il remonter dans l’histoire de ce pays pour retrouver un tel moment. On dirait qu’on recule dans le temps, que le pays régresse vers les années 70 lorsque les autorités coloniales portugaises en perte de vitesse face aux mouvements indépendantistes essayaient désespérément de vendre l’idée que l’indépendance ce n’était pas bon pour le pays. Leur argument, l’indépendance allait détruire toutes les bonnes actions coloniales.

Aujourd’hui, mon sentiment à l’égard du régime de José Eduardo dos Santos a quelque chose des années 70. Certes comme au temps de colonisation Eduardo a beaucoup contribué au développement de ce pays. Certes, son parti ( le MPLA ) est l’unique parti politique bien structuré et capable de gérer ce pays. En revanche, c’est avec raison que des activistes et certains autres partis soulèvent la question de l’alternance. On ne peut pas diriger seul indéfiniment un pays. D’autre part, l’Angola, pays gangrené par la corruption, présente aujourd’hui bon nombre de caractéristiques d’une société féodale. Comme à la cour des rois de France, la moindre « autorité », la moindre « appartenance à une famille du régime » vous donne le droit de vous servir dans les caisses de l’Etat sans peur d’être poursuivi.

Je voudrais laisser une place honorable sur le podium de la honte à monsieur João Maria de Sousa procureur général de la République qui persiste et parler de coup d’Etat parce que la police à réussi à arrêter les militants en possession d’un livre intitulé :  Da Ditadura à democracia : uma abordagem conceptual de libertação, (en français : De la dictature à la démocratie, un abordage conceptuel de libération.

1 Commentaire

  1. Ce qui est sûr, Papy va s’en aller bientôt: il va mourir de sa belle mort ou partira par la force de la rue.Reste à savoir comment va se négocier son remplacement.Le peuple angolais doit alors lutter pour empêcher une succession à la gabonaise ou à la congolaise.

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