Luanda, la ville puante

L’image que les visiteurs de passage dans le cadre d’un road trip ou parents d’expatriés en vacances aperçoivent de Luanda est souvent celle de la nova marginale. Une baie ensoleillée, des avenues ponctuées de palmiers et des immeubles flambants neufs. Si le centre-ville est plus présentable et salubre, ailleurs, en longeant vers le sud, le nord, le centre et l’est de la ville, dans des quartiers défavorisés appelé musseques (bidonvilles), Luanda ressemble à une décharge publique, où les collines de déchets rivalisent avec les gîtes des moustiques et les des nappes d’eaux stagnantes.

En effet, dans toutes les municipalités, on ne peut que constater, malheureusement, des tas d’ordures qui jonchent ça et là les coins et recoins de la capitale. Ces montagnes d’ordures qui n’inquiètent plus personne sont entrain de s’imposer dans le décor de notre espace public et si l’on y prend pas garde, elles finiront par couper certaines artères aux usagers de la route.

 

De Viana à Cacuaco en passant par Cazenga, aucune municipalité n’est épargné par l’épineux problème des ordures. Artères, espaces publics, marchés, rigoles, caniveaux, etc. Bref tout les lieux publics sont envahis par des montagnes d’immondices qui dégagent des odeurs insupportables. Curieusement, tout autour de ces endroits insalubres, s’improvisent d’intenses activités commerciales. Des femmes y étalent leurs marchandises et autres produits à même le sol à la merci de mouches et autres insectes.

A la tombée de la nuit, c’est un autre scénario. Les rues prennent une odeur de plastique brûlé et de moteurs mal réglés. Une multitude de petits feux éclairent les trottoirs défoncés et tentent d’éliminer les détritus produits pendant la journée. Au même moment, les véhicules bondés engorgent les principaux axes de la ville. S’il n’y a pas de vent, c’est un brouillard nauséabond qui envahit le quartier.

Quand les pluies diluviennes s’invitent dans un tel foisonnement d’insalubrité, la ville devient difficile à comprendre. Les détritus se décomposent rapidement (ce qui est synonyme de propagation de maladies), des quartiers se transforment en mer de boue, les routes en pistes cahoteuses et les voix d’accès pour certains quartiers deviennent du coup impraticables. Automobilistes et piétons, chacun tente de tirer son épingle du jeu. Les uns en pataugeant sur les immondices, d’autres en empruntant un chemin de traverse.

L’action du gouvernement provincial, à travers l’entreprise de nettoyage et d’assainissement de Luanda (Elisal) se révèle inefficace depuis belle lurette. Chaque année, de nouveaux schèmes de régulation et d’organisation de collecte de déchets solides se font et se défont, mais rien ne change. Tout est en perpétuel constance, contraste et contradiction. Fonction et dysfonctionnement, ordre et désordre se conjuguent au point de se confondre. 

Dans ce chaos ambiant, si on se donnait la peine de décrire Luanda, voici ce que je dirais : Luanda est une ville d’environ 7 millions d’habitants, qui ne compte pas une seule décharge officielle, pas le moindre incinérateur, pas l’ombre d’une poubelle publique à certains endroits. Éboueur reste ici un métier à inventer. Les plastiques (bouteilles, sachets, etc) bouchent les collecteurs et les métaux lourds se retrouvent dans tout ce que nous consommons… L’insalubrité est généralisée et la ville pourrait être la plus puante du continent africain.

2 Commentaires

  1. Et bien, en voila des surprises et des nouvelles qui viennent faire comprendre que toutes les capitales africaines sont identiques. Abidjan c’est pareils. Derrière les belles rues, les villas cosues etc…se cachent des rues jonchées de poubelles que le système a du mal a ramasser. C’est une triste r »alité que tu peint là. Elle met en évidence l’inefficacités de nos Etats dans la gestion des ordures ménagères. Bien dit l’ami à bientot à Dakar.

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