Luanda des riches… Et Luanda des autres

 

La métropole angolaise est connue comme la ville la plus chère du monde. L’immobilier bat tous les records. Des loyers dépassent ceux de Londres ou de New York. Capitale politique, administrative et économique de l’Angola, Luanda règne en maître sur un pays encore très rural. Dans des bidonvilles et à la campagne, plus de la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Il y a 13 ans, les armes se sont tues, mais la guerre n’est toujours pas finie. La raison est que Luanda est l’épicentre de toutes les inégalités. 

La capitale angolaise est en effet la ville de tous les contrastes et toutes les contradictions. La ville où cohabitent deux extrêmes. Là où le luxe le plus indécent côtoie souvent la misère la plus dure et dont le rideau de fer d’hier a laissé place à un drôle de miroir. Ce miroir permet aujourd’hui à une certaine classe de prédateurs de consommer en toute sérénité. On dirait que 27 ans de guerre civile et 13 ans de déglingue ont fait perdre au pays ses repères, ses valeurs…

Car à Luanda c’est chacun à sa place et une place pour chacun. D’un côté, Il y a une véritable classe de prédateurs proche du régime, au mode de vie occidentalisé, vivant dans des quartiers paisibles de Miramar, Vila Alice ou Talatona et dont les avoirs se comptent souvent en centaines de millions, voire de milliards de dollars. De l’autre côté, il y a une population qui s’entasse dans des bidonvilles appelés Mussequé. Des quartiers aux rues très étroites, sans asphalte, sans nom, sans panneau de signalisation, sans eau, sans électricité et qui à la moindre pluie se transforment en mer de boue.

C’est également la ville où se croisent au quotidien la Zungueira, mère de famille, vendeuse de cacahuètes officiant à même le sol, sous un soleil infernal et l’expatrié homme d’affaires brésilien, européen ou américain, retranché dans son 4×4 climatisé.  

Luanda est donc une ville divisée en deux. Celle qui vous rappelle qu’il existe deux Luanda. Luanda des riches… et celui des autres… C’est comme un miroir qui vous place face à vous même, face à vos valeurs. On a la conscience qui tire lorsqu’on refuse l’aumône à un pauvre dans la rue. Mais face à un miroir qui ne vous renvoie que votre propre image, on a beaucoup moins de scrupules à accumuler. Peu importe si de l’autre côté du miroir, plus de la moitié des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour. Peu importe s’ils assistent au spectacle avec avidité.

12 Commentaires

    1. Bien dit Serge. Le Brésil est considéré ici comme le modèle de développement. Les entreprises brésiliennes sont partout, la majorité des filles veulent s’habiller à la brésilienne, les programmes télé locaux sont les mêmes qu’au Brésil, bref nous sommes le Brésil de l’Afrique

  1. L’Angola ou le Brésil de l’Afrique.Cette métaphore veut tout dire.Sachant qu’un jour ou l’autre Luanda des pauvres ira contester l’hégémonie et l’incurie de Luanda des riches.Et ce jour là sonnera le glas de la tour d’ivoire dans lequel Dos Santos et son clan se sont enfermés.

  2. suis angolais de pere et de mere camerounaise l’angola est un magnifique pays contrairement a d’autre nous sommes évolué longa Angola ao vivo e de graça que Deus deu

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