Le calvaire d’un orphelin

Le calvaire d'un orphelin

20141029-074626.jpg

Ce billet était près depuis une semaine, mais je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas publié avant. En lisant ce matin l’histoire de Had Albert, j’ai eu le sentiment qu’il racontait ma vie. A la seule différence, que lui a vécu dans une famille monoparental. J’ai 30 ans et je suis orphelin. Toute ma vie, j’ai envié avoir une famille: des parents, frères, sœurs, mamie, papy, cousins, etc. Je suis seul, je vis seul, sans famille, et je crois que l’on aurait dû me tuer à la naissance car être orphelin et vivre comme Melchisedeck c’est immonde. Voir mes amis, avec leurs parents qui les aiment tant, me révolte beaucoup et me donne le sentiment de vivre dans un autre monde.

Mon calvaire commence un petit matin, quand des militaires font éruption dans notre parcelle et emportent de force mon père pour aller combattre l’UNITA. J’avais 6 ans, je le voyais partir impuissant, les larmes aux yeux, sans nous dire au revoir. C’est là que j’ai compris que je ne le rêverais plus. Une année plus tard, ma mère mourrait dans un accident de circulation à Luanda 3 mois après notre exode.
Le monde s’était arrêté pour moi ce jour là, j’avais le sentiment d’être un pestiféré. On dirait qu’une malédiction s’abattait sur moi. Les gens avaient peur de moi et on me regardaient avec effroi.

J’ai toujours eu le sentiment que le monde a été très injuste avec moi. J’avais besoin d’une famille avec qui passer les fêtes, des frères pour jouer et de parents pour discuter. Je me rappelle, à 15 ans, je regardais jalousement mes camarades discuter leur vision du monde avec leurs parents. J’avais bien un tuteur, mais auriez-vous osé lui balancer votre révolte en risquant de perdre son amitié? Non. Je préférais discuter ma vision du monde avec les murs et je m’effondrais en pleurs en suppliants le bon Dieu de me répondre à tous ces « pourquoi » qui me passaient par la tête.

A l’âge adulte, ces moments de crise j’ai essayé de les surmonter, en cherchant de nouveaux repères et croire en la possibilité des choses qui ne meurent pas. Mais, hélas! L’orphelin a toujours tendance à en demander beaucoup: une soif incommensurable de sécurité, l’erreur de prendre son ami pour son père, sa mère, son frère, sa sœur,… Et la moindre dispute peut tourner a la tragédie. Et là vient un autre deuil.

Au final, je pense que l’orphelin sèchera ses larmes qu’avec le temps et la patience, avec la force de trouver un amour détaché et non pas mendiant. J’accepte ces moments de retour en arrière et de pleurs comme moment à revivre, afin que le moment présent ait ensuite plus de valeur à mes yeux.

3 Commentaires

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *