A destination de Lubango, J’atterris à Cap Town

Un avion de lignes aériennes angolaises

On est le 19 novembre 2014. Il fait chaud à Luanda. La météo a prévenue, il fera 33 degré, je dégouline de sueur, les routes sont presque déserte à part des véhicules qui roulent à grand allure. J’improvise un taxi pour m’amener à l’aéroport. Je dois prendre un vol pour Lubango (au sud de l’Angola), où je suis attendu pour une cérémonie de mariage de ma sœur.

On m’a prévenu, je dois arriver tôt, pour cela, il vaudrait mieux s’enregistrer en avance si je voulais prendre le premier vol. Ce n’est pas mon premier voyage en avion, les procédures d’embarquement, me sont donc bien familier. Dans la petite agence Taag de l’aéroport 4 de fevereiro, les voyageurs débordent, les valises n’en parlons même pas. Ma carte d’identité et mon billet d’embarquement ont été minutieusement vérifié dans un guichet.

Notre avion est près à embarquer. Petit trajet en bus, sur le tarmac de l’aéroport, on s’arrête au pied d’un avion. Il est 11 heures, heure local. Le soleil est haut, perché dans le firmament. Deux hôtesses nous accueillent au bas de l’avion, toutes souriantes. Billet d’embarquement présenté, je suis invités à prendre place dans un avion à 5 sièges en largeur. Et dès l’entrée de l’avion : musique lounge, eau minérale, lingettes rafraîchissantes, et cet air froid et sec, himalayen, que j’associe toujours aux voyages en avion. Je m’habitue de moins en moins au contraste avec le milieu extérieur. Mon siège est déjà occupé par quelqu’un d’autre, je ne me fais pas de soucis, car il y a une dizaine de sièges vide.

Alors que je venais de finir de m’installer, un homme, sûrement le steward s’approcha de moi, d’un air très aimable et essaya d’échanger quelques mots avec moi, comme j’étais le dernier à embarquer. Le jeune homme me demanda, avec un sourire jaune, en anglais, si j’étais Sud-africain. Sa familiarité me parut quelque peu déplacé et je lui répondis, avec mon accent lusophone, que j’étais angolais et je voyageais pour Lubango. Il me lança un accent de sourire et me répondit, les yeux brillants de malice, « ah bon, mais nous, nous allons à Cap Town ». Voyant qu’il ne quitterait pas son air moqueur, je me permis également un léger sourire et on en est resté là.

L’avion était prêt à décoller quand le commandant de bord prit la parole et nous informa sur notre voyage vers… Cap Town. C’est à ce moment précis que j’ai voulu me lever et me manifester, mais une hôtesse me tança et m’obligea de m’asseoir avec ma ceinture bouclée avant que j’aie pu ouvrir la bouche.

Après deux heures de vol, je me réalise qu’on a atterri à Cap Town et non à Lubango. Je ne suis pas seul heureusement, il y a un autre passager dans la même condition que moi. On demande à parler au commandant de bord pour lui expliquer le problème, billet d’embarquement à l’appui. J’insiste sur ma conversation ambigüe avec le steward et le fait que si l’hôtesse ne m’avait pas tancé, j’aurais pu changer d’avion à temps sans ce quiproquo.

Le problème est résolu au bout d’une heure, la compagnie a reconnu l’erreur et présenter des excuse, nous sommes invités à embarquer à nouveau dans le même avion jusqu’à Luanda. Ce n’est que le jour suivant que je rejoindrais Lubango.

 

PS: inspiré d’une histoire vraie, le personnage dans l’avion n’est pas moi

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