Que faire contre cette hydre aux têtes multiples et ses exécutions en masse

C’est un début d’année (2015) très agité qui n’incite guère à l’optimisme. Entre la spectaculaire offensive djihadiste en Europe (France, Belgique et Danemark), la progression de Boko Haram en Afrique (Nigéria, Cameroun, Niger, Tchad), le chaos libyen, l’horreur qui sévit au Pakistan et menace l’Afghanistan et tant d’autre menaces islamistes, prouvent que nous sommes en face d’un djihad apocalyptique qui se propage dans toutes les régions du monde.

Jamais le djihad a été aussi effrayant au point de se transformer en une menace réelle à l’ordre régional et mondial. Au cas où vous n’auriez pas saisi le message à retenir de la récente vidéo de l’EI qui montre l’exécution sommaire de vingt-et-un Egyptiens coptes chrétiens, le voici : « Nous sommes des bourreaux, pas des guerriers ». Le sang déversé sur la plage libyenne marque le tapis rouge de bienvenue à l’exécution de masse. La dignité de funérailles n’est sera pas au rendez-vous.

Encouragés et financés par des puissances bien connues, les mouvements islamistes les plus radicaux prolifèrent depuis plus d’une décennie et se sont enracinés davantage avec les printemps arabes. L’instauration, l’été dernier, d’un « califat » au cœur du Moyen Orient, avec ses métastases un peu partout dans l’arc de crises qui va du Sahel à l’Afghanistan, en passant par l’Europe a changé la nature du péril djihadiste en ce début d’année.

Aujourd’hui, avec la montée du wahhabisme et la crise qui se vit en Europe, le monde découvre enfin cette sur-disponibilité des jeunes qui n’ont rien d’autre à faire que de vivre le psychodrame exaspéré qu’est l’absence du futur. Et lorsque les perspectives d’un avenir décent disparaissent complètement, est-il étonnant que certains puissent se préoccuper de l’esprit de visions de festins et de vierges les attendant dans l’au-delà ?

La guerre conduite l’été dernier contre Daech, à grand renfort de bombes guidées par laser ou de missiles de croisière, ou celle contre Boko Haram au nord du Nigeria a montré ses limites. Elle ne viendra jamais à bout d’une hydre aux têtes multiples. peut-être qu’il est temps de changer de logiciel et s’en prendre enfin aux racines du mal : trouver des règlements politiques à l’échelle régionale et, surtout, faire taire les appuis politiques et financiers dont bénéficient les mouvements terroristes.

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