L’Union africaine et la posture Mugabe

imageOn se pince pour ne pas croire à tant de bêtise. Robert Mugabe le controversé vieux satrape zimbabwéen a été nommé pour une année, vendredi 30 janvier 2015 par ses pairs africains à la présidence tournante de l’Union africaine (UA). Oui, comme son nom l’indique, la présidence tournante a tourné cette fois à la mascarade. Si aujourd’hui c’est Mugabe, demain ça sera au tour du Gambien Yahya Jammeh et le lendemain on ne s’étonnera pas que l’autocrate érythréen Issayas Afeworki soit aussi gratifié en présidant ce sceptre de l’organe panafricain.

Avec l’ascension de Robert Mugabe a la présidence de l’union africaine (UA), l’Afrique envoie une fois de plus un message maladroit et contradictoire à la communauté internationale sur le sérieux avec lequel l’UA est attachée aux principes de démocratie et de bonne gouvernance. Car ce n’est pas pour la première fois qu’un autocrate, accusé de violer les droits de l’homme, occupe ce fauteuil. Mouammar Kadhafi et Teodoro Obiang ont hérité également de la présidence de l’organisation. Quant au président sortant, le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, il fut impliqué dans deux coups d’Etat, avant de se faire élire en 2009.

Quand ailleurs l’heure est au rajeunissement de la classe politique (Matteo Renzi, Tsipras, Michel, etc.), en Afrique « Comrade Bob » va souffler dans trois semaines 91 bougies ; 91 printemps pour le Boss, et combien d’hivers pour son peuple ? Sa performance à la tête de l’ex-Rhodésie du Sud, que lui et ses séides régentent à la cravache, méritait à coup sûr cet honneur. Car qui d’autre peut se vanter d’avoir ruiné ce qui fut le grenier à céréales de l’Afrique australe, un pays, désormais contraint d’importer du riz et dont les terres fertiles, confisquées aux fermiers blancs, furent si souvent offertes à des apparatchiks incompétents ?

Ça paraît rigolo l’élection du Mugabe, et avec des telles impostures, bon sang, Afrique où comptes-tu aller ? Nulle part, je présume. En tant qu’Africain, j’estime que les temps de Mugabe et autres panafricanistes sont depuis belle lurette révolus. On est plus au lendemain des indépendances où la posture africaine était de dire NON aux colonisateurs. De nos jours, l’ordre mondial évolue sous d’autres cieux. Il est dicté par des composantes telles que l’éducation, la technologie, l’économie, la diplomatie, la sécurité, l’emploi pour les jeunes ,etc.

1 Commentaire

  1. Je partage ton avis. Effectivement l’époque des tribuns est révolu dans ce monde désormais « communauté internationale ». Tu peux lire ce que j’en dis aussi sur mon blog à travers ma lettre au Papi Mugabe goo.gl/pWhrwj

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