La Chine brade nos terres pour maintenir Papy au pouvoir

En apparence rien n’a changé. Les embouteillages sont toujours monstres sur les grandes artères ensoleillés de Luanda, malgré la flambée du prix du carburant à la pompe. A l’aéroport 4 de Fevereiro, aucune perturbation à l’atterrissage ou au décollage n’a été enregistré par les compagnies aériennes. Dans les rues, les trottoirs et les avenues, les vendeurs à la sauvette continuent à exercer leur métier. Pourtant, si l’on y regarde de plus près, le pays est déjà dans la merde.

Depuis la chute du prix de l’or noir sur le marché international, le coup d’arrêt qu’affiche notre pays est tout à fait spectaculaire. Le Kwanza, la monnaie nationale, s’est effondré par rapport aux dollars américains, l’économie nationale s’est étranglée et la croissance à deux chiffres tant chantée s’est étiolée. Il n’est plus possible de retirer des devises étrangères auprès des banques. Les agences de transfert d’argent (Moneygram et Western Union) ont dû fermer les portes et les cartes Visa et MasterCard ont été suspendues.

Vivre est devenu survivre. Depuis le début de l’année, le prix des denrées alimentaires dans les supermarchés a été revu à la hausse, certaines entreprises ont dû licencier des salariés. Celles qui employaient des expatriés n’ont pas renouvelé tous les contrats. Les administrations locales ont prévenu qu’elles n’allaient pas recruter cette année, comme elles le faisaient d’habitude.

Face au mur, Papy, celui-la même qui limite au maximum ses déplacements à l’étranger, a compris que son régime ne tiendrait pas une nuit de plus si l’atmosphère sociale demeurait ainsi. Il est donc allé voir le vieux Xi, pour signer plusieurs accords bilatéraux et solliciter une ligne de crédit pour sauver nos banques. Le deal du pétrole étant révolu, depuis la dégringolade du prix du baril du Brent, l’été dernier, le Number One a toujours dans ses valises quelques recettes à vendre à son homologue chinois Xi Jinping. Ici, tout le monde s’accorde pour affirmer que le président de la République est allé bradé, cette fois, nos terres arables. Après le pétrole, c’est le tour de l’agriculture.

Depuis, je m’interroge: jusqu’à quand vont-ils continuer à brader nos richesses? Ce pays riche de tout mais incapable d’exploiter ses atouts par manque d’imagination, est en train de mourir à petit feu.  L’exécutif, ainsi que tous les pataquès des révolutionnaires du MPLA (le parti au pouvoir), font de leur mieux pour garder le peuple dans l’ignorance. Aujourd’hui, les visionnaires ont cédé leurs places aux figurants, la magie du pétrole est morte et le rideau de scène est retombé sur une médiocratie prévisible.

3 Commentaires

  1. Absolument tragique.Tout cela, cette braderie à ciel ouvert, sonne comme une terrible écorchure. L’embellie qui accompagnera ces « deals » ne sera jamais que de courte durée. Ensuite il faudra brader les ressources suivantes, et les suivantes, et les suivantes…
    Jusqu’à quand?

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