Du massacre de Lubumbashi à celui de Garissa, il y a 25 ans et beaucoup de similarité

Un commando qui attaque des étudiants innocents dans leur sommeil sur un campus universitaire. Une communauté repérée, regroupée, triée et mise à l’écart. Puis c’est un massacre lâche et horrible qui s’en suit. Le scénario s’est déjà produit sur le campus de l’université de Lubumbashi en RDC, il y a 25 ans.

Dans la nuit du 11 au 12 mai 1990, des étudiants du campus universitaire de Lubumbashi sont assaillis et assassinés par un commando de l’armée zaïroise. Une cinquantaine d’étudiants non originaires de la province de l’Equateur (province dont est originaire le maréchal Mobutu) en majorité du Kasaï, Kivu et Bandundu sont sauvagement égorgés à l’arme blanche, voire abattus par des armes munies d’un silencieux. On parle alors du massacre de Lubumbashi, connu sous le nom de « Lititi Mboka » cri de guerre utilisé par les assaillants pour reconnaître les étudiants de l’ethnie ngbandi. Lititi mboka signifiant herbe de mon village, la mauvaise herbe ne sera pas épargnée.

Les enquêtes n’arriveront toutefois pas à déterminer jusqu’à ce jour le nombre exact des victimes de ce massacre. Selon la version officielle, le campus de Lubumbashi n’a été que le théâtre d’affrontements entre deux fractions estudiantines rivales. Il n’y aurait eu qu’un mort et plusieurs blessés. Alors que plusieurs témoignages et sources concordantes font état d’une dizaine de victimes.

Le massacre de Lubumbashi présente toutefois de grandes similitudes avec les premiers éléments d’information du récent attentat djihadiste shebab de Garissa au Kenya. Un commando djihadiste qui fait irruption sur un campus universitaire alors que les étudiants sont encore endormis. Le tri entre musulmans et non-musulmans dont les premiers jouiront de la clémence des islamistes et auront la vie sauve et les autres subiront la loi la plus dure, ils seront tués. Enfin la nature même de la tuerie qui a mêlé vengeance religieuse et répression politique.

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