Béni: Lettre ouverte à Joseph Kabila

Joseph Kabila Face à l’horreur et au grand désarroi que traverse le peuple de l’Est en général et ceux de Béni en particulier ces deux derniers mois, j’ai tenu à vous adresser ces quelques mots en cette période cruciale, non pour susciter votre émotion et votre compassion, mais plutôt une réflexion vis à vis de ce peuple meurtri par des décennies de guerre sans fin.

Monsieur le président, hier dans le magazine Jornal de Africa (diffusait par la télévision publique angolaise, TPA en sigle ), j’ai pu voir les images macabres du massacre de vos compatriotes de Béni. En voulant en savoir plus, je suis tombé sur un article des observateurs de France 24 qui expliquait le dernier sinistre qui a coûté la vie à une centaine de civil innocent la semaine dernière.

J’ai beaucoup réfléchis sur la situation sécuritaire à Béni, qui, depuis deux mois, ne cesse de compter ses morts : Deux cents morts pour certains, trois cents pour d’autres, peut être un peu plus pour ceux là qui les ont vu mourir et enterrés. Oui, parce que mourir c’est naturel. Et c’est plus naturel à l’Est. Mais dans quelles conditions ? Égorgés, décapités à la machette, ligotés, enterrés vivants, violées en vous introduisant des morceaux de bois dans vos organes, ces organes qui donnent la vie, ces organes de nos mères qui nous ont tous mis au monde. Qui peut accepter parmi nous les vivants de subir un tel sort ?

Certes, gouvernants et gouvernés, avons un dénominateur commun: LA MORT ! Mais aussi la vie. Et une vie digne d’être vécue. Donc, vous et vos gouvernés, vous serez appelé à mourir un jour. D’où, je me suis dit de vous adresser ces mots, juste pour susciter votre réflexion à l’endroit de ce peuple meurtri  par des décennies des guerres et des horreurs affreux. Ce peuple qui a cru en vous et qui vous a fait l’immense honneur de vous confiez durant treize ans, les rênes de ce pays. ce peuple de l’Est qui, peut être sans trop de discernement avait voté massivement pour vous en 2006, et 2011.

Excellence, devriez vous continuer à assister impuissant aux tueries de vos frères? Ou continuez-vous encore à croire en la mission de l’ONU en RDC (Monusco) ? Cette mission dont les responsables ont été pris en flagrant à plusieurs reprise dans le commerce illégal des minerais ont trouvé beaucoup de miel dans votre pays, qu’ils ne vous ramèneront jamais la paix, synonyme de leur fin de mission.

L’une de solutions, déjà vous proposée par des éminentes personnalités de l’intérieur comme de l’extérieur, réside au déplacement de toutes les unités issues des intégrations et mixages de l’est vers l’ouest et ceux de l’ouest vers l’est et vous verrez que dans une semaine, les FARDC viendront à bout de ces ADF-NALU, parce que le peuple en a marre de trahison et de complicité. Ayez donc le courage de déclarer l’état d’urgence à Béni et déplacer les unités benyamurenges vers l’Ouest.

Il est donc grand temps, monsieur le président, de mettre fin à ces aventures et de garantir la paix à votre peuple. La paix, ce mot de quatre lettre, mais gage de tout développement. Car toutes mesures que vous prendrez sans pour autant régler cette question de paix à l’Est seraient nulles et sans effets.

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